La BVD est répandue dans le monde entier. Outre les bovins, elle peut également infecter d'autres artiodactyles (moutons, chèvres, ruminants sauvages, porcs). Ces derniers ne développent cependant pas la BVD ou la Mucosal Disease, mais souffrent le cas échéant de troubles de la fertilité. Les animaux sont réceptifs à la maladie à tout âge.
Suisse
Une des données les plus importantes concernant la dispersion d'une maladie dans une population, est de connaître la proportion des animaux qui, parce qu'ils ont déjà été une fois en contact avec le virus, portent en eux des anticorps destinés à lutter contre l'agent pathogène (Séroprévalence). De nombreuses études, effectuées dans divers pays, ont donné des résultats extrêmement différents, les écarts étant souvent de l'ordre de 60 à 80 %. En Suisse, 60% des bovins se révèlent être positifs à la mise en évidence des anticorps et ont donc déjà eu un contact avec le virus. Pour les vaches, cette proportion atteint même près de 80%, ce qui revient à dire que chaque effectif suisse doit abriter au moins un animal positif aux anticorps. (Vue d'ensemble de la prévalence des anticorps et de l'antigène en Suisse, 1995). Ces animaux sont immunisés contre la maladie "BVD/MD". Les animaux infectés permanents (IP) sont par contre d'une importance cruciale du point de vue épidémiologique ; comme ils excrètent le virus en permanence, ils sont une source constante d'infection pour tous les autres animaux et peuvent eux-même périr de la Mucosal Disease. En Suisse, on trouve un ou plusieurs de ces animaux infectés permanents immunotolérants (prévalence de 1%) dans un effectif laitier sur huit. Chaque exploitation doit compter, en moyenne, avec la naissance d'un animal IP tous les 10 ans.
Europe et reste du monde
Tout comme nous, nos voisins européens sont également fortement touchés par la BVD. En Bavière, un examen des troupeaux de vaches laitières à mis en évidence la présence des anticorps du virus dans près de 75 à 80% des effectifs [51]. Alors que la proportion des animaux IP en Allemagne est estimée de l'ordre de 1 à 2% [52]; la séroprévalence atteint environ 62 % dans certaines parties de l'Italie (Lombardie & Emilia Romagna; [53] ). Ces écarts s'expliquent souvent par des facteurs tels que la densité de la population, des systèmes de stabulation ou de gestion des exploitations différents. C'est ainsi que la prévalence de la BVD/MD est légèrement plus élevée dans le Sud de la Scandinavie que dans le Nord, région où les troupeaux sont plus rares et plus petits [54]. Une telle corrélation entre la densité de la population bovine et le degré de séroprévalence a également été observée en Espagne [55]. On estime que 95% des effectifs du Royaume-Uni contiennent des animaux positifs aux anticorps (cf ci-dessous) [56].